Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
CRAZYPROF

Abécédaire du mardi C comme

29 Juillet 2014, 11:25am

Publié par crazyprof

Abécédaire du mardi C comme

Croire

J’aurais pu vous faire C comme Chat ou Chipie le chat mais au final, j’ai eu envie de quelque chose de plus sérieux. Ma réflexion est aussi venue indirectement grâce à mon poussin trognon, le neveu si adorable de mon normand qui a neuf ans maintenant. Il se trouve que ses parents veulent le faire baptiser et que pour diverses raisons, il va s’agir d’un parrainage civil.

J’ai moi-même été baptisée et élevée dans une famille catholique pratiquante par des parents qui vont encore aujourd’hui à la messe tous les dimanches (sauf imprévu…) Vous imaginez bien qu’à partir de l’adolescence j’ai pris une certaine distance et que je me suis sérieusement éloignée de cette foi sans questionnement qui était celle de l’enfance.

Je sais qu’aujourd’hui l’église catholique telle que je la vois et telle que je l’ai pratiquée ne me convient plus. Je reste encore choquée de mes propres expériences ave deux chefs d’établissements catholiques de l’enseignement privé au cours de ma carrière de prof, je suis encore assez traumatisée par la réaction de l’église face au divorce et je ne vous parle même pas de ma sidération devant les torrents de haine homophobe que charriaient certains des manifestants de « la manif pour tous » l’an dernier… Je ne me reconnais pas dans l’église de ces gens là.

Par contre je ne peux pas me dire non croyante sans pouvoir me dire croyante d’une religion. En effet, je pense toujours qu’il y a quelque chose, une espèce de Bien universel qui englobe des valeurs (faute d’un mot plus approprié) auxquelles je crois : la tolérance d’abord, tolérance envers toutes les différences, toutes les croyances. Un principe aussi : ne jamais faire de mal délibérément à qui que ce soit et faire preuve de respect envers les autres et notre environnement. Ne jamais nuire.

Mais ces valeurs me semblent d’une part être celles de toutes les religions que je connais un peu et d’autre part me paraissent relever du simple respect de soi et des autres pour vivre correctement ensemble. Alors j’essaie d’appliquer ces principes dans ma vie de tous les jours et si certains me traitent de bisounours et bien tant pis ! Une des choses que j’ai eu du mal à apprendre c’est que l’essentiel pour être bien dans sa peau c’est le respect de soi et donc d’être en accord avec soi-même. Et je sais que moi j’ai besoin de croire qu’à un niveau au dessus, il y a un genre de « grand architecte de l’univers » comme disait Voltaire (il me semble) qui est l’essence de ces valeurs.

Après, je ne suis pas certaine de la façon dont ma façon de croire peut se qualifier, Déiste peut être…

Et je peux vous dire que je su contente de vivre dans notre pays où j’ai le droit de croire ce que je veux comme je le souhaite. Je suis aussi contente de vivre dans une société où la religion n’a pas ou peu d’importance sociale. Pour avoir vécu trois ans aux USA où le poids des églises est omniprésent, je fais la différence !

Et vous croyez vous ? Comment réagissez-vous face à cette question religieuse ?

Commenter cet article

crazyprof 29/07/2014 15:29

Tu sais que sur une grande partie de ce que tu dis, je suis d'accord avec toi... et j'ai constaté de visu comme toi que souvent derrière une religion affichée et revendiquée se cachait l'itolérance, la méchanceté et l'hypocrisie.

Olivier R. 29/07/2014 14:11

En ce qui me concerne, il m'est absolument insupportable qu'une tierce personne, quelle qu'elle soit, tente de m'obliger à me conformer à un ensemble de prêt-à-penser, de valeurs et de rites, qui n'émanent pas de moi-même. Le rejet est total et définitif. Cela explique pourquoi, une fois adulte, j'ai fait annuler mon baptême (profiter de l'impossibilité pour un enfant de réfléchir à ce qu'on lui proposerait, et qu'il le refuse éventuellement, pour lui imposer, de force donc, contre sa volonté propre, quelque chose qu'il n'a ni décidé ni consenti, c'est aussi lâche qu'ignoble !). Je n'ai évidemment pas manqué de bien l'expliquer à mes parents. Qu'ils en aient été contents ou pas, offusqués ou pas, ça n'est pas mon problème.

Pour moi une religion ou une philosophie de vie, ça ne peut pas être un prêt-à-penser rédigé par quelqu'un d'extérieur, ou un truc collectif. Il faut obligatoirement que ça émane de soi-même, en fonction de ce qu'on ressent, de nos expériences, de ce qui nous semble juste, correct. C'est comme ça que se forgent lentement des valeurs, qu'émergent des convictions, une morale. Et puisque chaque vécu, chaque sensibilité sont personnels et uniques, chaque morale devrait l'être également, à mon sens.

J'éprouve une répulsion et la plus grande méfiance envers tous les mouvements spirituels collectifs hiérarchisés. Qu'il s'agisse de vulgaires sectes ou de grandes religions monothéistes, le principe est de toute façon invariablement le même : Une petite minorité de nuisibles intéressés tente de subjuguer à son profit le plus grand nombre de personnes, en leur faisant abdiquer tout jugement personnel et tout libre choix, pour les forcer à agir, se comporter et - plus grave - penser comme on le leur ordonne. Dans ce but, toute désobéissance est sanctionnée (de façon hélas bien réelle), et tout zèle récompensé par... Une promesse de bonheur une fois mort, ce qui est bien pratique puisque comme c'est invérifiable, ça n'engage à rien - C'est donc une escroquerie intellectuelle de grande envergure, ou pour faire court, une arnaque.
On prend les gens pour des cons.

Ayant été élevé parmi des cathos, j'ai pu constater que la grande majorité ne se conforme absolument pas aux préceptes moraux de leur religion, bien au contraire : Préjugés, rejet et haine de l'autre, autoritarisme, partialité, malhonnêteté et méchanceté gratuite... Tout cela sous des apparences de vertu souffreteuse toujours savamment calculées, bien sûr.

Pas plus tard que récemment, j'ai retrouvé, hélas, ce même profil chez un ecclésiastique catholique rencontré par hasard sur un site "pour adultes" (pour rester correct) : Menteur, malhonnête, et sous des dehors de fausse vertu pudibonde, un obsédé sexuel disant préférer les hommes mariés - évidemment, l'interdit c'est tellement plus excitant, et c'est tellement plus jouissif de pousser à la faute quelqu'un qui a promis de ne pas flancher. Tellement enivrant aussi sans doute, de s'assurer une pression psychologique sur quelqu'un, et du pouvoir de casser un bonheur existant, voire une famille...
(soupir)
Enfant, à un cours de catéchèse, j'ai interrogé un prêtre sur des points paradoxaux de la doctrine catholique. Aussi suffisant qu'insuffisant, cet imbécile n'a eu que cette réponse formidable, qui a définitivement scellé mon rejet : "Tais-toi et crois".

Sans moi, merci.

Tout cela est bien dommage, parce qu'à moins d'être abruti, tout le monde aura remarqué qu'il existe dans la vie des choses étranges, des coïncidences, des choses qui ressemblent à des signes, des évènements défiant les probabilités, etc., toutes choses difficilement explicables, non mesurables mais néanmoins réelles - à l'instar par exemple des états émotionnels, dont on ne voit que les manifestations, qu'on ne peut pas mécaniquement isoler et mesurer, mais qui pourtant sont bien réels et décident de la grande majorité de nos actes.
On a donc bien "quelque chose" d'invisible, mais de réel, qui influe sur nos actions et le cours des choses.
A partir de là, la porte est ouverte sur l'inconnu... Que beaucoup préfèrent ignorer et refuser, tant il est plus confortable et rassurant de se dire qu'il n'existe que du concret et du mesurable, que de devoir gérer l'angoisse de quelque chose dont on ne parvient à appréhender ni les contours ni le fonctionnement, mais qui pourtant est là, invisible et agissant.