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CRAZYPROF

Grâce à elle, réflexions d’un jour de pluie…

10 Juillet 2014, 13:11pm

Publié par crazyprof

Grâce à elle, réflexions d’un jour de pluie…

Aujourd’hui est un jour à rester sous la couette, même chipie le chat est roulée en boule sur le coin du lit et refuse d’aller se dégourdir les pattes dehors plus que de raison… son petit tour du matin lui a suffit. Je suis pourtant de bonne humeur, voir à la fin de ce billet!

Pour ma part, l’engueulade gentille de ma pharmacienne ce matin a calmé mes ardeurs. La télé est en mode commémoration de la grande guerre avec l’étape du tour dans la Somme et sur le chemin des dames. De quoi se mettre en mode nostalgie quoi ! eh bien oui, mais non, ou alors en mode nostalgie positive : le passé, la première guerre mondiale, quel meilleur moment pour me souvenir avec joie et bonheur de quelqu’un qui a beaucoup compté pour moi et que j’ai adoré : mon arrière grand-mère. Ma mémé était née à la fin du dix-neuvième siècle dans un tout petit village bourguignon et dans une famille pauvre puisque son père était le cantonnier du village. Je sais qu’elle avait des frères et sœurs mais je ne saurais pas vous dire combien. Elle avait appris à lire et écrire à l’école du village et était ensuite entrée en apprentissage chez une couturière du bourg voisin. Elle se souvenait d’avoir vu arriver le premier vélo, la première voiture, l’électricité plus tard et l’eau courante. Elle était très fière d’avoir, à près de 80 ans, pris l’avion, une caravelle à l’époque. Elle avait 18 ans quand la grande boucherie avait commencé. Je crois que ma future grand-mère fut conçue à l’ombre d’une meule de foin pendant une permission de moisson de mon arrière grand-père, ce qui valut quelques temps plus tard à celui-ci une permission rapide pour se marier… et ce qui valut à ma grand-mère, née en 1916, un prénom vraiment peu commun ! Elle faillit donc être fille mère, ma mémé, et à peine accouchée, elle laissa sa fille au village pour aller travailler comme couturière dans les usines de Dijon où l’on produisait des uniformes. Mon arrière grand-père attrapa une typhoïde providentielle qui manqua de le tuer mais le rendit impropre à retourner au front… ce qui le sauva probablement sur le long terme ! Après guerre, ile allèrent tenter leur chance à Paris et vécurent d’abord rue Mazarine avant d’atterrir du côté de l’hôpital Trousseau pour ceux qui connaissent ! Il devint employé de la RATP, elle travaillait chez elle pour un fourreur. Ma grand-mère, de santé très fragile enfant, resta fille unique à dessein… Elle connut la seconde guerre mondiale qui vit son retour dans son village natal puis un retour sur Paris où, pour occuper sa retraite et arrondir les fins de mois, elle tint une mercerie bonneterie. J’ai eu la chance de l’avoir auprès de moi jusqu’à mes vingt ans et elle m’aura beaucoup apporté.

Grâce à elle je sais d’où je viens, j’ai des racines.

Grâce à elle (et à quelques autres) je sais ce que c’est que d’être aimée

Grâce à elle, je sais ce qu’ont été certains combats des femmes et comment certaines se sont battues pour certaines choses comme la contraception…

Grâce à elle je sais ce qu’est la vraie force de caractère, faîte de valeurs mais aussi d’amour et de compassion

Grâce à elle dont j’ai hérité la forme du corps, j’ai un long buste monté sur des jambes trop courtes.

Grâce à elle j’ai piqué les plus beaux fous rires de ma vie, souvent au détriment de mon cousin

Grâce à elle j’ai aussi piqué des colères… parce qu’elle et mon cousin étaient très mauvais joueurs et trichaient aux cartes… essayez donc de gagner une partie de bataille ou de rami voleur dans ses conditions !

Grâce à elle j’ai de magnifiques souvenirs d’enfance et je sais (un peu) coudre, broder et crocheter…

Grâce à elle j’aime la lecture, j’ai appris à lire sur ses genoux et je ne la remercierais jamais assez d’avoir un jour fermé le livre qu’elle me lisait en me disant : »si tu veux, je t’apprends à lire, mais c’est toi toute seule qui lira la suite… »

Grâce à elle, j’ai eu une oreille attentive à l’adolescence.

Alors, où que tu sois, merci ma mémé !

Question : je promets d’envoyer une tablette de chocolat à celui ou celle qui devinera le prénom de ma grand-mère, née en 1916…Pas celui de ma mémé, celui de ma grand-mère.

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