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CRAZYPROF

La balançoire 3

26 Juillet 2014, 18:23pm

Publié par crazyprof

La balançoire 3

Ceci est la suite de mon article d'hier...

Elle s’assit sur un vieux tronc d’arbre et prit le temps de se calmer. Elle était à fleur de peau. Deux écureuils paraissaient danser de branche en branche. Elle décacheta enfin la lettre d’une main tremblante.

« Mon amour,

Je ne sais pas si tu liras un jour cette lettre mais je pense que mes parents te la feront parvenir avec mon journal. C. a ton adresse, je pense qu’ils sauront la lui demander. Je lui demande de tes nouvelles de temps à autre, juste pour savoir si tu vas bien, si tu as poursuivi ton chemin. Par lui je sais que tu as fini tes études et que tu es partie passer un an aux USA et que tu vas probablement y rester plus longtemps. Il me dit juste que tu vas bien, que tu enseignes dans une fac où tu prends aussi des cours pour devenir journaliste. Il te protège tu sais, il est toujours laconique. Tu trouveras aussi chez mes parents un paquet, il est pour toi si après avoir lu cette lettre tu as le désir d’aller le chercher.

Amour je te demande pardon, pardon de t’avoir fait du mal et je tenais à te dire que jamais je ne t’avais ni remplacée, ni trompée, ni surtout oubliée. Je me suis dit que je devais te demander pardon de t’avoir menti et que je te devais de t’expliquer pourquoi. Je t’ai menti ce soir là au jardin des plantes mon bébé, il n’y avait personne d’autre que toi. Je voulais seulement que tu me haïsses pour que tu me quittes sans regarder en arrière. Tu trouveras plus de détails dans mon journal mais sache que mon médecin avait été très clair deux jours avant : j’en avais encore pour six mois, un an, pas plus… Cela fait maintenant presque dix-huit mois que je souffre, que je traine. Je n’ai pas voulu que tu vives ça avec moi bébé, je ne voulais pas que tu lâches tes études pour t’occuper de moi. Pour que je tienne, il fallait que tu conserves de moi les bons souvenirs, que je reste ton amant, ton amour, un homme debout. Le malade couché avec son aigreur, son amertume et ses révoltes, je souhaitais te l’épargner. Alors je t’en supplie excuse mes maladresses. Je n’aurais pas supporté la pitié dans tes yeux, ni d’être un poids pour toi. Je lui suis pour mes parents et c’est bien suffisant. J’espère que tu comprendras et que tu ne m’en voudras pas. Je partirai en pensant que je t’aime et en espérant qu’un jour tu auras la petite Chloé ou le petit Hadrien que nous aurions souhaité. »

Elle pleura quelques minutes puis murmura pour elle seule et pour le ciel : « merci de m’avoir libérée définitivement mon étoile. » et elle rentra à pas lents, parlant doucement à son ventre arrondi.

L’été suivant :

Dans un cimetière, quelque part en France un jeune couple dont la femme tient un bébé dans les bras se tient devant une tombe. La femme est appuyée sur l’épaule de l’homme et elle s’adresse doucement à la pierre tombale : « Amour, je suis venue te présenter Jeffrey et Chloé. Et aussi te dire pardon et merci. Ta mère m’a donné la bague de fiançailles que tu m’avais achetée et ton journal m’a raconté le reste. Merci encore d’avoir si bien su m’aimer, presque à mon insu. » Elle dépose une rose blanche sur la tombe et ils partent, heureux tous les trois. Le ciel parait leur sourire.

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