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CRAZYPROF

V comme... abécédaire du mardi

25 Novembre 2014, 21:24pm

Publié par crazyprof

Le début c'est souvent un mot, une attitude, un geste...

Tu ne relèves pas, c'est un mouvement d'humeur, une parole malheureuse, un instant d'énervement.

La suite, c'est une chape de plomb, une peur insidieuse, une grisaille qui envahit ta vie.

Tu ne vois rien, tu ne réagis pas, tu es amoureuse...et puis c'est normal non si j'ai un quart d'heure de retard qu'il s'inquiète et que cela l'énerve...La prochaine fois je lui enverrai un texto, comme ça il ne s'énervera pas. Il a bien le droit à ses humeurs et puis...ça veut dire qu'il tient à moi.

Mais la fois suivante, le texto ne suffit pas...et les mots deviennent de plus en plus blessants, abaissants, dénigrants, sales.

Ton estime de soi en prend un sérieux coup, subit un patient et intelligent travail de sape. tu commences à refuser des sorties, des visites aux amis, à la famille parce que c'est plus simple, ça évite les pressions, les mauvaises humeurs, les discussions...

Tu te coupes des autres, de plus en plus, ton univers se rétrécit.

Le sexe devient un devoir parce que sinon tu entends des douceurs comme "frigide, je vais aller voir ailleurs si tu continues comme ça." ou pire encore des gentillesses style "de toute façon t'es trop moche, personne ne veut de toi, je sais même pas pourquoi j'ai envie!"

Personne, même pas toi ne se rend compte de l'engrenage, après tout, les mots ne laissent pas de traces visibles...Bizarrement sauf dans ton travail puisque ton assurance s'envole avec ta force de persuasion et ta force de conviction. La famille et les amis abandonnent pour certains la partie puisque tu dis toujours non à tout...

Et tu t'enfonces tu t’embourbes, tu n'es plus toi, tu ne t'intéresses plus à rien, sauf à la lecture dans laquelle tu t'évades tant bien que mal...plutôt mal d'ailleurs car on se débrouille pour te casser la concentration régulièrement et donc tu te caches ou tu ne peux rien lire vraiment.

ton seul refuge, tes chats qui sont les seuls à te voir pleurer parce que sinon tu prétends que tu vas bien.

Et un jour, comme tu aimes ton métier parce que ça on a pas pu te l'enlever, tu décides d'avancer et tu décides de passer le concours qui te titulariseras définitivement. La première fois, tu échoues parce qu'on a perturbé tes révisions le plus possible et que des cours indispensables ont bizarrement disparus...

La seconde fois, tu as, en te cachant, réussi à vraiment bosser. Les dénigrements et les méchancetés pleuvent, histoire que tu te transformes en petite chose fragile ultra stressée pour l'oral et que tu échoues... tu es obligé de couper ton portable la veille du concours dans la ville à 120 kilomètres de chez toi parce qu'à deux heures du matin on le fait encore sonné, histoire d'être bien certain que tu ne dormes pas avant ton écrit.

Tu le réussis ton écrit et là les choses tournent au drame..Tout est bon, les pressions psychologiques ne sont plus larvées.

Tu réussis malgré tout. Et là...

Les masques tombent et tout dérape. Tu as droit aux premiers "vrais coups"...des bleus aux bras, des gifles. Puis la fausse tentative de suicide bien orchestrée pour te faire passer pour le bourreau et enfin la violence de trop quand on se saisit de ton volant pour te faire aller dans le décor et te tuer. Là tu comprends enfin, tu t'enfuies avec l'aide d'une collègue qui t'héberges. Tu acceptes le divorce sans porter plainte pour partir plus vite et mettre des kilomètres entre lui et toi. Tu es obligé de changer deux fois de numéro de portable dans l'année qui suit le divorce. Six ans après, même si tout va bien pour toi et que tu as refais ta vie, tout ça t'a changé, tu n'es plus la même, tu as une faille avec laquelle tu te bats tous les jours encore parce tu te demandes encore comment tu as pu être assez bête pour te laisser faire tout ça...

Alors oui aujourd'hui ici c'est V comme violence pour la journée contre la violence faîte aux femmes. Je ne raconte pas tout parce que les détails importent peu au final et que je n'ai pas subi autant que celles qui en meurent tous les ans. Par contre, juste envie de dire une fois de plus "Plus jamais". Envie aussi de dire que la violence verbale est aussi grave que la violence physique. Alors ouvrez l’œil et regardez autour de vous, soyez attentifs, ça n'arrive pas qu'aux autres...

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Angélique 27/11/2014 21:40

Je ne sais pas quoi te dire à part que je t'admire... Et surtout ne minimise pas ce qu'il t'est arrivé sous prétexte que c'est pire pour d'autres!