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CRAZYPROF

La Rencontre

7 Septembre 2009, 22:13pm

Publié par crazyprof

J’étais en transit entre ma vie parisienne débridée et mon déménagement était en cours vers la grosse ville de province la plus proche de chez mes parents. Mon passé m’avait déjà rattrapé.  Je m’étais arrêté pour voir ma petite sœur dans la ville où elle faisait ces études  parce qu’elle avait besoin de soutien pour aller voir ses résultats d’examen de  la session de septembre car elle craignait beaucoup de devoir redoubler. En ce beau jour d’été indien, nous descendions la grande allée de platanes qui menait au secrétariat de son université quand nous vîmes approcher une jeune étudiante. Elle avait les cheveux mi-longs blonds et frisés retenus par un bandana du même bleu gris que ses yeux. Elle souriait au soleil et paraissait d’excellente humeur. Le soleil jouait avec ses mèches blondes et elle était légèrement bronzée. Pas très grande, toute ronde, elle aurait  paru ordinaire sans ses yeux pleins de douceur et d’intelligence. Ma sœur, Léa, me la présenta :

-«  Tiens, Ninon, je te présente mon frère, Adrien. »

-« Bonjour, enchantée, Léa m’a tellement parlé de toi que j’ai déjà l’impression de te connaître. »

Paroles d’une banalité affligeante qui me permirent de cacher ce qui se passait en moi. J’étais sonné, secoué, chamboulé. Moi qui n’avais jamais été attiré par une femme de ma vie, j’avais plongé dans ses yeux l’espace de quelques secondes. Nous passâmes l’après-midi tous les trois en attendant l’affichage des résultats le soir. Ma sœur redoublait comme elle le craignait mais elles me raccompagnèrent néanmoins toutes les deux à la gare. Sur le quai, j’ai eu du mal à monter, à m’arracher à elle. J’avais l’impression d’avoir pris un coup sur la tête et de ne plus être sur de rien. Je ne savais pas ce qu’elle ressentait, je n’étais pas certain de ce que je voulais et de ce que je pouvais moralement faire. Je me savais séropositif et je savais porter la mort en moi. Avais-je le droit de l’entrainer là-dedans ? Et puis pourquoi est-ce que je me sentais attiré par une femme, surtout qu’avec  ses rondeurs, elle n’avait rien d’androgyne. Je devais me calmer et essayer de garder la tête froide. Mais j’étais jeune, inconscient et encore assez insouciant. Et puis, le coup de foudre est une évidence qui ne se discute pas, au moins lorsque seuls les sentiments sont pris en compte…

Deux semaines plus tard, ma sœur vint passer le week-end chez mes parents. Nous avions trois ans de différence et nous avions toujours été très proches. Elle avait toujours été ma confidente mais là, c’était assez difficile de lui parler. J’avais envie qu’elle me parle d’elle mais je biaisais en la faisant parler de tous ses amis, choisissant de l’interroger sur sa vie amoureuse à elle… de cette façon, j’allais avoir des nouvelles de tout son petit groupe et donc de Ninon. J’appris peu de choses en fait parce que Léa était surtout intarissable sur Antoine, celui dont elle était "raide dingue". J’appris pourtant la seule chose qui m’importait : Ninon n’avait personne dans sa vie. Elle avait eu quelqu’un  mais elle était célibataire depuis un peu plus d’un an. Léa me dit qu’elle était très proche d'Antoine mais sans ambigüité aucune. Je proposais à ma sœur de venir passer le week-end pour son anniversaire quelques semaines plus tard.

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Léa 09/09/2009 12:50

ahah..la suite...

crazyprof 09/09/2009 16:13


Oui, ce week end au plus tard....merci!


Mam'Julie 08/09/2009 11:55

Belle vision du "coup de foudre" ... même si j'ai du mal à suivre ... tu parles comme si tu etais Adrien et dans ton descriptif, tu es une femme ...
Le supsense est insoutenable.

crazyprof 08/09/2009 17:34



tu as raison, j'ai fait expres de prendre le point de vue masculin, histoire de changer un ipeu... et je suis bien une femme, je confirme. La suite ce week end probablement sauf si j'ai le temps
demain après-midi... Merci. C'est la première fois que je mets en ligne un écrit un peu plus travaillé que d'habitude et les deux ou trois réaons que j'ai eu sont encourageantes alors que j'avais
un peu peur de me lancer. V. Au fait, tu es le 100ième commentaire, cela appelle une récompense...